Nicola Bergamaschi et Nathalie Hugues sélectionnés au FID

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We FID the world

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La vingt-septième édition du FID, le Festival International de Cinéma de Marseille, propose une expérience de spectateur à nulle autre pareille, ouvrant les regards, avec près de cent trente films programmés, sur la création contemporaine internationale.

 

Alors que de nombreuses problématiques secouent depuis un certain temps l’industrie cinématographique, que certains dysfonctionnements commencent à émettre un bruit croissant dans Landerneau (on parle ici, entre autres, de menaces sur la filière indépendante, de trop forte concentration, de films sous et surreprésentés dans les salles, de refonte du label « art et essai »), la question de notre rapport au cinéma n’a, depuis bien longtemps, été aussi prégnante. Ou comment un film, une œuvre d’images en mouvement, peut encore aujourd’hui faire sens, dans un dispositif épistémologique qui dépasse le seul cadre marchand — dans lequel s’harmonisent durées, formes, temporalités, vitesses. Cette question de reprendre pied dans (ou par) le cinéma sous-entend une libération du geste tout autant pour le créateur que pour le spectateur. Et quel espace nous est offert de plus libérateur que la programmation du FID (parmi une petite poignée d’autres), pour ré-enchanter ce regard ? Près de cent trente films viendront ainsi nous rappeler que le cinéma est une invention, le révélateur d’une écriture. Si le FID est devenu un festival de premier plan, il le doit sans doute à l’exigence apportée par son Délégué général Jean-Pierre Rehm, qui chaque année, au sein des diverses compétitions et autres écrans parallèles, n’a de cesse de nous confronter à cette expérience deleuzienne du spectateur. Au cœur des compétitions (officielle, française et premier film) — dont la plupart des opus sont présentés en première mondiale —,  le FID nous offre à voir le champ et le hors-champ d’une création contemporaine vivante, plurielle et sémillante, d’où émergent des œuvres qui marqueront nos écrans. De Boris Lehman (Funérailles (de l’art de mourir)) à Nicolas Klotz (Mata Atlantica), de Bertrand Bonello (Sarah Winchester, opéra fantôme) à Nicola Bergamaschi et Nathalie Hugues (Ce qui arriva l’année 13 lapin), les dizaines de films de ces trois compétitions témoignent d’une puissance créatrice qui font taire les grincheux sur une éventuelle mort du cinéma souvent annoncée, jamais advenue.
L’autre grand bonheur de cinéphile que procure chaque édition du FID est à dénicher également dans les nombreux écrans parallèles développés tous les ans. De prime abord, la présence exceptionnelle du cinéaste sud-coréen Hong Sang-soo, et la formidable rétrospective qui lui est consacrée, viendra en point d’orgue d’une année durant laquelle ce pays asiatique fut particulièrement mis à l’honneur, comme en témoigne la récente programmation du Polygone Etoilé déjà chroniquée dans ces colonnes. Les dix-sept films du réalisateur programmés lors de cette édition offriront un panorama exhaustif de la complexité d’une œuvre qui compte parmi les plus importantes de Corée du Sud. Autre section parallèle pleine de belles promesses, Distorsion propose un parcours non pas musical mais plus largement sonore, ou comment, aux quatre coins de la planète, les formes d’ondes ont mêlé au bruit primal les expériences électriques et électroniques pour finir par produire un chant du monde largement repris par les plus grands musiciens. Enfin, Histoires de portrait, Mouvement, Les Sentiers et Ventriloquies, autres écrans parallèles de cette programmation 2016 — et sans oublier le traditionnel FIDLab, véritable laboratoire de découvertes cinématographiques —, enrichiront une édition de haute volée, qui, à l’instar des vingt-six années précédentes, participera à nourrir en sons et en images les vingt-trois mille spectateurs venus se confronter à l’expérience du FID.

Emmanuel Vigne (VENTILO)

 

FIDMarseille : du 12 au 18/07 à Marseille.
Rens. : www.fidmarseille.org
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OEUVRE OUVERTE AU VIDEODROME 2

Mercredi 29 juin 2016 Oeuvre Ouverte # 1,

Alina Skrzeszewska, Films de Force Majeure :: Bush Mama, de Hailé Gérima

mercredi 29 juin 2016 20h30 ical Google outlook

:: Bush Mama
Hailé Gérima – 1979, USA, 1h37, VostFR

 

Films de Force Majeure est à l’initiative et inaugure le cycle de programmes Oeuvre Ouverte, en compagnie de Alina Skrzeszewska. Il s’agit de rentrer pleinement dans l’atelier d’un réalisateur, et de lui permettre d’exposer son travail actuel au regard d’un film qu’il présentera parce qu’il l’aura marqué et inspiré. Nous, spectateurs, sommes ainsi conviés à partager l’amour et l’inspiration qu’un film a provoqué chez un réalisateur. Alina Skrzeszewska, que nous avions déjà accueillie en 2015 pour soutenir son film Game girls, a choisi pour nous parler de son travail, de présenter le film de Hailé Gérima, Bush Mama. Et nous l’en remercions.


20h30

Bush Mama

Hailé Gérima – 1979, USA, 1h37, VOstFR

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Une jeune femme noire vit seule avec sa fille dans les faubourgs de Los Angeles. La misère dans laquelle elle se trouve et sa condition de femme noire seront à l’origine d’une prise de conscience et de son engagement politique, radical, éventuellement violent. Toute ressemblance avec des événements actuels serait…

D’origine éthiopienne, Hailé Gérima est un réalisateur américain. Nous avions envisagé de diffuser son travail lors de la semaine consacrée à l’histoire du Black Panther Party, en décembre 2015, car son oeuvre est essentielle et incandescente dans l’histoire du cinéma et de la représentation des luttes et de l’émancipation des Noirs américains. Nous n’avions pu le faire à l’époque. Alors, la proposition d’Alina Skrzeszewska de nous faire découvrir ce travail a un impact particulier.


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MÉDITALENTS: APPEL À CANDIDATURE

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http://www.meditalents.net/pdf/app.pdf

 

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LA FIANCÉE DU NIL

LA FIANCÉE DU NIL de Edouard Mills-Affif

Mercredi 18 mai et Jeudi 19 mai à 20h30 au vidéodrome2 en présence du réalisateur

Dans un village reculé du delta du Nil, au sein d’une famille traditionnelle égyptienne, un drame quasi antique se joue. Comme des milliers de jeunes filles à travers le monde, Heba doit épouser un homme qu’elle n’a pas choisi. L’ambiance vire peu à peu au psychodrame familial, avec ses secrets d’alcôve, ses intrigues, ses renoncements et ses mensonges.

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Sélections festivals et prix :
Mention spécial du jury – Prix Ahmed Attia – Medimed 2015 (Sitges, Espagne)
RIDM – Rencontres internationales du documentaire de Montréal 2015
FIGRA – Festival international du grand reportage d’actualité 2016 (Le Touquet, France)
SOLE LUNA FILM FESTIVAL 2016 (Palerme, Italie)

dans le cadre de: Les Primeurs du Blog documentaire #4:

« C’est un film qui s’avance comme une fausse piste : Sherif arrive au Caire où il vient rendre visite à sa famille. Voyage d’agrément, comme on dit dans les formulaires des compagnies aériennes ? Pas seulement. Car si l’on découvre le decorum de la famille que l’expatrié retrouve avec l’émotion distante de celui qui partage sa vie entre deux cultures, c’est pour très vite en arriver au fait. La fiancée du Nil n’est pas un film d’ambiance : ou alors l’ambiance est dans la trame narrative amenée avec un air d’évidence, quasi fictionnelle tant elle s’inscrit limpide dans les enjeux des personnages. » Nicolas Bole

 

 

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QUI SONT LES ÉTUDIANTS DU MASTER MÉTIERS DU FILM DOCUMENTAIRE

Entretiens avec trois élèves de la Promotion 2016, réalisés par Hélène Grall et Amandine Gomez également étudiantes du Master

 

—Mathias Menu—

MATHIAS

– « J’ai 20 ans et suis originaire de Marseille. Je suis étudiant en première année du master documentaire d’Aix-en-Provence. J’ai obtenu un bac littéraire option théâtre et je suis rentré à l’université d’abord en continuant à étudier le théâtre. Puis j’ai basculé sur une licence en cinéma. J’ai vite décidé de me tourner vers le documentaire.

Qu’est-ce qui t’a amené au documentaire ?

-J’ai choisi le documentaire parce que je pense que c’est le medium qui me correspond le plus pour exprimer ce que j’ai à dire. L’année dernière, j’avais un cours sur ce genre. J’ai pu y découvrir des films qui m’ont beaucoup touché. Je me suis rendu compte qu’il y avait tout un tas de possibilités, que c’était un cinéma très libre. Tout dépend en fait de ce que l’on a à dire. Je me souviens que le documentaire qui m’a le plus touché à ce moment là a été Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophüls. En réalité, ce sont des sensibilités qui me touchent.

Comment penses-tu les différences entre ces sensibilités documentaires et celles de la fiction ?

-Pour moi, la fiction et le documentaire sont deux manières bien différentes de s’approcher des gens. Souvent, j’ai été touché par des documentaires qui ont une espèce d’honnêteté envers le spectateur. Ces gens là se livrent sans prétention je crois. Je pense à Cavalier, à Luc Moullet, Agnès Varda. Ce sont des gens que j’aime beaucoup. Finalement, on regarde un documentaire mais on passe surtout un moment avec quelqu’un qui partage sa petite vie qui n’est pas fantastique ni folle mais il y a une honnêteté qui me touche beaucoup. Dans la fiction, on peut découvrir des aspects tout aussi géniaux que l’on ne trouve pas non plus dans le documentaire. Cette frontière entre fiction et documentaire est évidemment complexe. Pour moi les fictions ce sont des histoires qui ont été travaillées par des gens dans l’ombre. Et il y a beaucoup de magie là dedans.

Selon toi, quel est le rapport que le documentaire entretient avec la réalité, la vérité ?

-Je trouve ça intéressant d’attaquer la réalité en étant conscient qu’elle n’existe peut- être pas réellement. Le documentaire, c’est peut-être à la fois exposer des vérités qui nous sont proches et personnelles tout en en découvrant d’autres. Et finalement, l’assemblement de ces vérités personnelles crée une rumeur de réalité. Mais en fin de compte, on est loin du réel.
Arriver en disant « bon allez je vais faire un documentaire et vous montrer la réalité », c’est un truc qui m’alerte. Parce que forcément chacun a son parcours et sa vision à un moment donné de sa vie. Tout cela est bien subjectif puisque tout est sans cesse changeant. Selon moi, la recherche d’objectivité n’appartient pas au documentaire mais plus au reportage.

Finalement faire du documentaire c’est un peu comme s’exposer soi-même ?

-Oui c’est ce que je pense. Tu décides de mettre en œuvre un projet, de te livrer, de partager pendant un moment ta vision sur le monde, tes questionnements, tes doutes, tes envies… Il existe plein d’autres personnes qui font du documentaire d’une toute autre manière. Ce qui est bien dans cette forme de cinéma, c’est qu’il y a une espèce d’éventail de pratiques, de sensibilités, une multiplicité des regards. Dans la classe par exemple, c’est assez frappant je trouve. Chacun a, non seulement ce qu’il a envie de dire, mais aussi sa propre manière de le dire, avec sa pudeur, sa colère, ses ressentis etc. Je trouve ça bien. On est 13 et on a 13 manières différentes de voir et de faire du documentaire. Pour autant, je remarque qu’on se respecte et s’apporte tous beaucoup mutuellement. Et je trouve que ce n’est pas une tâche facile mais on y arrive ! (rire)

Les autres élèves de la formation t’auront beaucoup apporté ?

-Oui bien sûr. Cette première année aura été une année de rencontres, puis une démarche de création d’une espèce de dynamique de groupe, une écoute, des encouragements. Tout cela fait que je suis en train d’écrire un projet de film qui me correspond. Ce n’est pas facile parce qu’il y a des étapes à franchir et c’est un grand saut à faire ! Mais avec les autres élèves je trouve qu’il y a cet encouragement, au niveau technique tout autant que dans le cheminement de l’écriture. C’est un travail très collectif. Je sais que c’est grâce aux personnes de la classe que j’ai appris que l’écriture est un processus qui peut être long. Et surtout que c’est normal ! On a un peu appris l »échec ensemble je trouve.

Qu’est-ce que tu envisages après le master ?

-Je me demande si je vais continuer à faire du documentaire. Je sais que j’ai toujours voulu créer, j’ai ressenti ce besoin là très tôt. J’écris des histoires depuis que j’ai 6 ans, j’ai toujours fait ça. Par contre je me demande de plus en plus si j’ai envie d’en faire mon métier. Pour l’instant j’expérimente ça et je verrais le moment venu. Dans tous les cas, je sais que c’est la première année « scolaire » où je n’accepte plus tout. Je m’autorise à avoir un avis, à ne pas être d’accord. Je sais qu’entre nous on peut s’épauler et que c’est une force. Remettre

en question les schémas préétablis, je trouve que c’est quelque chose qui fait du bien. Je pense qu’on privilégie tous l’entraide aux consignes demandées. Et finalement, c’est une bonne école de vie ».

––Mariana Terán Avendaño—

MARIANA

J’ai 22 ans et suis originaire de Bolivie, le pays aux 36 ethnies. Je suis étudiante en

première année du master documentaire d’Aix-en-Provence. J’ai suivi l’intégralité de ma scolarité dans une école française à La Paz, c’est donc assez naturellement que je voulais venir faire mes études en France. J’ai d’abord commencé par étudier l’anthropologie. Puis j’ai rapidement eu envie de me diriger vers le documentaire.

 -Comment cette décision de te diriger vers le cinéma documentaire est-elle devenue une évidence?

Quand j’étais petite, et cela se poursuivit jusqu’à la période de mon adolescence, j’avais l’habitude de regarder des émissions sur la chaîne du National Geographic. C’était souvent des films faits par des gens qui partaient dans des communautés éloignées de la civilisation occidentale. Ces gens semblaient aller à la rencontre des habitants de ces communautés. Je trouvais que le film était non seulement un merveilleux moyen de rencontre à travers la caméra mais aussi une possibilité de laisser trace de cette rencontre et souvent de l’histoire de tout un peuple. De plus, je trouve ces moments sincères parce que ce ne sont pas forcément à chaque fois des belles rencontres, comme à la télévision standard. Parfois c’est difficile, ça prend du temps. J’aimais beaucoup ces objets, souvent

 journalistiques, de comparaison de vie de société.

J’avais déjà dans l’idée de faire de l’anthropologie. En étant bolivienne, j’étais stupéfaite de voir autant de différences identitaires et culturelles au sein même de mon pays. Je trouve ça fou tous ces gens différents qui habitent quand-même dans le même pays avec des langues, des religions, des habitudes et des musiques différentes. Des vies au même endroit mais complètement différentes en somme!

Comment es-tu passée de l’anthropologie au documentaire ?

 

Je crois que j’ai aussi choisi de m’intéresser à l’anthropologie parce que j’ai une certaine foi en l’homme en ce qui concerne la création. C’est à dire que l’humain peut être tellement créatif et puissant. Ensuite, le documentaire est venu à moi parce que j’avais besoin de plus de liberté. J’avais envie de donner mon opinion, mon point de vue. De son côté, l’anthropologie est très brute et scientifique. Je trouve ça trop brutal pour moi. Je voulais être du côté de la création plus que du côté des sciences. Je trouve que la démarche documentaire est plus honnête. Je ne suis pas du tout d’accord avec la neutralité que l’anthropologie demande pour atteindre une certaine objectivité quand on investit des communautés. Pour moi, quand tu as passé du temps avec des gens sur le terrain, soit tu les aimes et tu as beaucoup de respect pour eux, tu les admires, soit tu les méprises. Tu ne peux pas rester neutre. Et le documentaire permet d’être honnête avec ça justement. Ça permet d’exprimer plusieurs émotions et sentiments, qui vont du contentement a tellement d’autres choses. Le documentaire c’est s’exprimer soit tout en exprimant l’humain, c’est un travail participatif. Tu ne peux pas travailler tout seul. Alors qu’en anthropologie, quand tu as enfin tes données, c’est à toi de les rendre scientifiques et légitimes. Tandis que dans le documentaire tu auras toujours besoin de l’autre.

Qu’est-ce que la première année du master t’a apporté ?

La légitimité que je cherchais partout en anthropologie sans la trouver, je l’ai trouvé dans la démarche documentaire. En anthropologie, si je n’avais pas fait de relevés scientifiques ni de statistiques, je n’étais pas légitime pour avancer mes idées et mon avis. Et cette année au contraire, l’on m’a demandé mon point de vue personnel sur tout un tas de choses. Et ça, ça m’a permis d’avoir envie de faire entendre ma voix et de me situer.
En ce qui concerne la technique cinéma dont j’étais complètement étrangère, j’ai appris beaucoup même si je me suis sentie dans un cheminement d’autodidacte et bien que mes camarades m’aient beaucoup transmis. J’ai aussi élargi mes connaissances en cinéma français. Je connaissais Jean Rouch et toute sa troupe mais j’en ai découvert plein d’autres. J’ai vu des films que je n’aurais pas pu voir ailleurs. J’ai beaucoup aimé participer à des festivals comme celui de Manosque où l’on commence à se faire un réseau. J’ai aussi bien aimé le fait que l’on ait accès à du matériel. J’aurais aimé que l’organisation soit plus limpide parfois. Et aussi, il faudrait peut-être penser à faire une remise à niveau collective en ce qui concerne les techniques de base parce que tout le monde arrive d’horizons très différents.

Comment envisages-tu les années à venir ?

Je pense que je vais rentrer en Bolivie et continuer dans le documentaire. Je crois qu’il y a beaucoup à faire là-bas. Il y a beaucoup de laissés pour compte en Bolivie. Il y a tellement de cultures inexploitées qui restent endormies aux yeux du monde. Et j’aimerais participer à partager ces identités minoritaires oubliées et raconter les histoires qui n’ont jamais été racontées comme par exemple la dictature des années 70.
Je trouve aussi que le cinéma reste quand-même élitiste. J’aimerais pouvoir faire qu’il se partage dans des petits villages de Bolivie par exemple. Mon rêve serait en fait d’avoir un camion itinérant où je projetterais des films en faisant le tour de la Bolivie, dans des écoles, des hôpitaux etc. Et idéalement, j’aimerais aussi pouvoir continuer dans la réalisation de films. Les métiers de la culture m’intéressent aussi. Et je n’exclus pas non plus un jour de faire de la production ».

 

—Kaipu Han—

 KAIPU

J’ai 26 ans et suis originaire du nord de la Chine, juste à la frontière de la Mongolie intérieure. Je suis arrivé en France en 2012. J’étudie le documentaire en master 1 dans la formation d’Aix. Je viens d’un cursus journalisme renforcé anglais. J’ai aussi passé deux ans à étudier la langue française.

 -Comment t’est venue l’idée de te réorienter vers le documentaire ?

Je me suis récemment dirigé vers le documentaire parce j’étais tenté de sortir des codes institutionnels du reportage. La question du réel m’interroge beaucoup. Pour moi, le documentaire est comme une opportunité d’avoir des réflexions sur les sociétés. Je trouve ça très important de s’intéresser au passé d’une société, de connaître l’Histoire. Je pense que chaque objet audiovisuel a une histoire. Mon projet de film qui est en cours d’écriture porte sur le parcours de plusieurs drag queen. Pour moi ce sont des histoires sur des gens qui racontent aussi l’histoire de certaines parties de nos sociétés. Ici, c’est la communauté homosexuelle par exemple, et l’histoire de la libération des corps qui m’intéresse. Observer l’humain raconte beaucoup sur l’organisation de nos sociétés. Faire du documentaire c’est tendre vers le savoir, essayer de comprendre.

Quand j’étais en Chine, j’étudiais le journalisme. Et j’ai remarqué qu’il y avait beaucoup de sujets censurés, qu’on ne pouvait pas parlé de tout. J’aime les sujets un petit peu creusés. Je trouve qu’en Chine, on est moins poussé à réfléchir sur la société. Il y a bien des reportages qui parlent des situations de conflit mais je ne les trouve pas assez profonds. Lorsque je suis arrivé en France, j’imaginais continuer dans le journalisme mais la langue m’a posé beaucoup de problème. C’était très difficile.

Et depuis petit je m’intéressais au cinéma. Quand j’ai pris la décision de m’orienter vers le cinéma, je me suis senti très heureux. Je sais que c’est vraiment quelque chose que je veux faire. Pour l’instant, l’écriture en français me pose quelques difficultés, mais j’adore la prise de son par exemple.

Pour moi, le documentaire c’est essayer de réfléchir où sont les problèmes en prenant le temps. Je trouve que c’est une manière de faire du cinéma qui permet d’avoir des réflexions plus profondes. Je pense que l’on peut participer à réinventer nos sociétés de cette manière. Et en France, je trouve que les réflexions ont souvent plus de portée. Ici, les gens sont tout le temps en train de discuter et de remettre les choses en question. J’aime beaucoup ce côté là. Que je retrouve aussi dans la pratique du documentaire. Finalement, c’est un peu comme si mon arrivée en France m’avait poussé à faire du documentaire.

 

Qu’est-ce que tu remarques de spécifique dans les productions de documentaires français?

 

Ce qui peut me déranger parfois dans les productions européennes, c’est que l’image et le son peuvent parfois ne pas être correctes. Quand je regarde une image audiovisuelle, j’aime que l’image soit propre et le son clair. Pour l’instant, je suis encore très attaché à cette beauté là du cinéma. J’aime les belles images. C’est pour cela que j’ai un peu de mal à adorer le documentaire français. J’aime beaucoup les images issues des productions américaines par exemple. Mais ici, j’aime aussi le fait que l’histoire soit souvent plus importante que les images. Pourtant, je continue de penser que la beauté des images et du son est tout aussi importante dans le documentaire. Je pense que c’est très important que le film documentaire donne envie.

Qu’est-ce que le master t’aura apporté ?

Je suis très heureux d’avoir rencontré des amis qui voulaient aller dans la même direction que moi. L’esprit d’équipe, j’aime beaucoup ça. Et je pense aussi que le master m’aura donné l’opportunité de voir des films que je n’aurais pas été voir par moi-même. J’aime bien aussi être impliqué dans de nombreux festivals où l’on rencontre des gens différents et où l’on voit de beaux films rares. J’ai adoré Kaili Blues, le premier long-métrage de Gan Bi par exemple. Et aussi la trilogie du réalisateur colombien Nicolàs Rincon Gilles, des films magnifiques. Ce sont ces films là qui m’ont fait comprendre ce que pouvait être la poésie documentaire.

Dans quoi te projettes-tu dans les années à venir, quand le master sera terminé ?

 

Je m’intéresse de plus en plus au montage et aux effets spéciaux. J’aimerais pouvoir gagner ma vie bientôt. J’aime aussi beaucoup participer au travail du son sur les tournage, je veux continuer un peu là dedans également. Mes futurs projets sont un peu variés mais j’ai la certitude de vouloir rester dans le milieu audiovisuel. Et peut-être rester en France d’abord, puis retourner en Chine plus tard, j’aime beaucoup de choses très différentes et je reste ouvert. On verra bien ce que l’avenir me réserve».

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PROJECTION COURTS MÉTRAGES L3

Mardi 10 mai, 17H30, amphi 6,

le secteur cinéma présente 

une projection des court-métrages

(Fictions et documentaires) 

réalisés par les étudiants de L3 cinéma de la promotion 2015-2016

Licence 3 Arts du spectacle, Parcours Théorie et pratique du cinéma et de l’audiovisuel

Département Arts, Pôle Lettres et Arts

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DU MASTER AU PREMIER FILM

Rencontre avec Jean-Baptiste Mees et Jean Boiron-Lajous

20 Avril 14H salle R124

Jean Boiron-Lajous a terminé le Master Pro en 2012, Jean-Baptiste Mees en 2013. Ils ont tous les deux mené à bien l’écriture et la réalisation d’un long métrage documentaire après leurs études.

Né en 1988 et originaire de Grenoble, Jean-Baptiste Mees s’installe à Marseille en 2011 où il étudie le cinéma documentaire à l’université Aix-Marseille.
Il réalise dans ce cadre son premier film court 15 ans
La vie adulte, produit par Prima Luce est son second film.
Aussi, il travaille régulièrement comme assistant-réalisateur de films documentaires et de fiction, et comme chef-opérateur de films documentaires.

15 ans – Un film de Jean-Baptiste Mees:
http://www.dailymotion.com/video/k6lSj91eRj7MLZ3MRNw

 

 

Jean Boiron Lajous a étudié le Cinéma à l’université de Lille 3 et à L’université Aix-Marseille. Il a réalisé La mémoire et la mer, documentaire produit par l’Université Aix-Marseille avec la participation de l’INA (sélection FID Campus Marseille 2013), et des vidéos dont Une personne-une ligne, produit par Lieux Fictifs et l’INA. Il a été assistant de réalisation pour la société de production Zeugma Films, (Amin Maalouf – origine, Sylvie Crossman – créer résister), mais aussi avec Agnès Varda (Agnès de-ci de-là Varda, pour les expositions photos Les Bouches-du-Rhône) et pour Alain Bergala (Sous la mer un monde). Il travaille aujourd’hui pour « La première Fois » festival de premiers films documentaires, et réalise son premier long métrage Terra di Nessuno en 2015 avec Prima Luce.

La mémoire et la mer – Un film de Jean Boiron :
http://www.dailymotion.com/video/k1of2WQnq7GKpO2Ymcv

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SÉMINAIRE PIERRE-LÉONCE JOURDAN

ARCHÉOLOGIE DU CINÉMA ETHNOGRAPHIQUE

LES REPRÉSENTATIONS DE L’AUTRE DANS LES

IMAGES EN MOUVEMENT ANTHROPOLOGIE VISUELLE ET HYPERMÉDIA

Séminaire Mucem/EHESS I2MP – MuCEM

201, quai du port 13002 Marseille

Entrée libre sur inscription: i2mp@mucem.org

JORDAN

 

PROGRAMME

LUNDI 25 AVRIL 2016 10H00 – 18H00

1. DES IMAGES DU MOUVEMENT AU MOUVEMENT DES IMAGES.

2. PREMIÈRES TENTATIVES FILMIQUES, ASPECTS MÉTHODOLOGIQUES.

3. LE TRAVAIL D’EDWARD S. CURTIS, PHOTOGRAPHIE, CINÉMATOGRAPHIE ET ETHNOGRAPHIE.

4. LUIZ THOMAZ REIS, PIONNIER DU CINÉMA ETHNOGRAPHIQUE.

5. ALBERT KAHN ET LES ARCHIVES DE LA PLANÈTE.

MERCREDI 27 AVRIL 2016 10H00 – 18H00

6. LA SAGA FLAHERTY.
7. L’INVENTION DU « CINÉMA VÉRITÉ » ?
8. JEAN ROUCH, L’ETHNOLOGUE À LA CAMÉRA.
9. JOHN MARSHALL, UNE VIE AVEC LE PEUPLE SAN.

 

JEUDI 28 AVRIL 2016 10h00 – 18h00

10. RICHARD LEACOCK, DAVID PANEBAKER, BOB DREW ET LE « LIVING CAMERA MOVEMENT ».

11. ALAN LOMAX, ICONOCLASTE ?
12. BOB CONNOLLY, ROBIN ANDERSON, UN REGARD DOCUMENTAIRE.

13. ROBERT GARDNER, UN REGARD D’ESTHÈTE EN ANTHROPOLOGIE.

VENDREDI 29 AVRIL 2016

14. REGARDS VERS LE FUTUR ?

10H00 – 18H00

15. ARCHÉOLOGIE DU MULTIMÉDIA EN SCIENCES SOCIALES : DE L’HYPERTEXTE À L’HYPERMÉDIA.

16. SCIENCES SOCIALES, MUSÉOLOGIE ET HYPERMÉDIA.
17. HISTORIQUE ET ANALYSE CRITIQUE DE QUATRE APPLICATIONS HYPERMÉDIAS.

18. CONCLUSION

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PROJO FILMS MASTER 1

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